Un gentleman à Moscou

Un gentleman à Moscou

Amor Towles

Fayard

  • 1 avril 2019

    URSS

    Ce qui est intéressant, dans ce roman, c’est le point de vue de la narration : un comte russe se retrouve assigné à résidence dans un grand hôtel de Moscou juste après la Révolution. Alexandre Rostov a ses habitudes : il mange à midi au Piazza, et le soir au prestigieux Boyarski. Il noue des liens avec le personnel de sa prison dorée – officiant bientôt comme serveur au Boyarski – des diplomates étrangers de passage – dont le comte sait obtenir les confidences à force de charme, d’esprit, et de vodka –une belle actrice inaccessible – ou presque ­– et côtoie les nouveaux maîtres de la Russie.

    Mais, plus que toute autre, c’est sa rencontre avec Nina, une fillette de neuf ans, qui bouleverse le cours de sa vie bien réglée au Metropol. J’ai aimé suivre la vie pas si monotone d’Alexandre, découvrir ses souvenirs d’une Russie tsariste. J’ai aimé assister à la montée de la bureaucratie au sein de l’hôtel, allant jusqu’à l’absurde. J’ai moins aimé que Staline soit appelé Soso (qui imagine un seul instant que quelqu’un l’ait appelé par ce surnom ?!).

    J’ai regretté que le roman ne décolle pas. Je ne me suis pas ennuyée au milieu de tous ces personnages hauts en couleur, mais le récit reste au sol, comme Alexandre reste cloîtré dans l’hôtel. Dommage.

    L’image que je retiendrai : celle du Fou (serveur puis futur directeur de l’hôtel) décollant les étiquettes des bouteilles de vin. Le restaurant ne proposera plus que du blanc ou du rouge.

    https://alexmotamots.fr/un-gentleman-a-moscou-amor-towles/


  • par (Libraire)
    10 octobre 2018

    La préciosité et l'élégance de la couverture du dernier roman d'Amor Towles est en parfaite harmonie avec le raffinement du propos: 600 pages de distinction et de finesse pour un roman en huis clos qui se déguste et se savoure dans un temps comme suspendu.
    Le comte Rostov, gentleman aristocrate, séduisant et sélect à souhait, se voit assigné à résidence par un tribunal bolchevik dans le luxueux hôtel Le Métropol de Moscou dont il a fait sa demeure.
    Respectant avec dignité ce que le sort a décidé, notre dandy entreprend de déjouer l'éventuelle survenue de l'ennui en se vouant à la gestion des détails pratiques. Bien que sa luxueuse suite ait été supplantée par une mansarde de 9m2, savoir-vivre confort et agrément demeurent ses mots d'ordre. Pendant que la Russie se transforme avec violence, nous suivons les aventures de ce héros irrésistible pendant trois décennies durant lesquelles il s'évertue à ne pas devenir le jouet de sa propre vie.
    Et si en ayant évité l'exécution ou le goulag notre gentleman était en passe de devenir l'homme le plus verni de Russie ?
    Un superbe hommage à la grande culture russe au travers d'un roman à la bienséance délicate dont on se délecte.
    Un pur plaisir


  • par (Libraire)
    17 septembre 2018

    Un roman de contrastes

    Le jeune comte Alexandre Illitch Rostov, rentré dans son pays natal alors que l'année 1917 révolutionne le pays, se retrouve assigné à résidence dans le luxueux hôtel Metropol de Moscou. Épargné d'un sort funeste des suite de la découverte d'un poème de jeunesse vaguement révolutionnaire, le fantasque comte va nous accompagner dans la vision d'un pays en plein chamboulement.
    "Un gentleman à Moscou" est un régal de détails quant au contraste provoqué par l'Histoire. A travers le prisme du comte Rostov nous constatons le théâtre de l'opposition radicale de deux mondes entrant en collision: la noblesse avec ses codes, ses convenances et ses références, et le communisme avec sa rudesse, son dépouillement et son bouleversement des valeurs.
    Un roman passionnant, drôle et captivant !