Un bébé d'or pur

Un bébé d'or pur

Margaret Drabble

Christian Bourgois

  • 12 mai 2014

    Un amour d'or pur

    Sœur cadette de l’immense A. S. Byatt, proche amie de Salman Rushdie et de feu Doris Lessing, Dame Margaret Drabble  est une grande romancière britannique étonnamment méconnue en France. En 2009, à l’approche de ses 70 ans, elle avait pris la décision d’arrêter d’écrire. Elle n’en a rien fait, son dix- huitième et dernier roman est une réussite éclatante sur un sujet pourtant bien délicat à traiter : le handicap mental.

     Dans le swinging London des années 60, Jessica Speigh est une brillante anthropologue. Elle tombe amoureuse et enceinte d’un homme marié qui la quittera sans reconnaître l’enfant. Jess va élever seule sa fille Anna, dans le quartier de Blackstoke Road, épaulée par une communauté d’amis, d’amants de l’intelligentsia bohème. Du soutien, elle va en avoir plus que besoin, car Anna  qui « rayonne d’une joie innée » souffre d’un lourd retard cognitif. Elle fait partie de cette catégorie d’enfants que la société

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  • 30 avril 2014

    Jessica Speight, jeune anthropologue, effectuera un voyage marquant en Afrique, avant d’être astreinte à ne plus quitter Londres pour y élever seule son bébé d’or pur, Anna, dont les déficiences mentales n’altèreront jamais la douce humeur.
    C’est une de ses amies, maintenant âgée, qui raconte la vie que Jess a menée, des années 60 à nos jours, veillant à concilier au mieux l’amour et l’attention constante qu’elle portait à Anna, son travail et ses propres relations, masculines en particulier. Son récit est émaillé de considérations diverses sur la psychiatrie ou les arts, car toutes ces jeunes femmes appartenaient à un milieu intellectuel, plus ou moins fortuné (plutôt moins en ce qui concerne Jess).
    La narratrice porte sur ce duo mère-fille un regard tendre, empathique mais aussi nostalgique : à travers leur histoire, ce sont les décennies écoulées qu’elle évoque et tous les changements de société que le passage du temps a produits.

    « Un bébé d’or pur » est un roman intelligent, sensible et attachant. La trame du récit, ses fréquents allers et retours du présent au passé, reflètent de belle manière les mouvements que font les vagues de souvenirs dans la mémoire de la narratrice.
    J’ai cependant nourri à l’encontre de ce livre des attentes qui ne lui correspondaient pas : en gros, je me figurais qu’il y aurait une histoire en bonne et due forme, avec son lot de tournants imprévus, bref qu’il se passerait quelque chose, une fois le cadre et les personnages posés. Il m’a fallu parvenir à plus de la moitié pour comprendre que, non, rien d’extraordinaire n’allait arriver, la vie de Jess et d’Anna continuerait à s’écouler tranquillement, avec ses incidents ou petits événements quotidiens, pas de péripéties à la John Irving. Ceci constaté et après avoir accusé un petit coup de mou, j’ai poursuivi ma lecture mais mon intérêt n’a pas été constant.

    Un roman dont j’ai apprécié le ton et le fond mais dont le rythme était, sur la durée, trop paisible pour moi, si bien que je m’y suis par moments ennuyée.


  • par (Libraire)
    18 mars 2014

    La fille de Londres

    J'ai pris ce roman à cause de la couverture... et aussi parce que, sans jamais n'avoir lu aucun de ses livres, j'avais déjà beaucoup entendu parler de cet auteur.

    L'histoire commence à la fin des années 60, à Londres. Une jeune femme, mère célibataire ("fille-mère" comme on disait alors), va devoir mettre un terme à sa carrière de brillante anthropologue pour s'occuper à plein-temps de sa petite fille. Chose d'autant moins aisée que cette dernière est atteinte d'une légère déficience mentale et qu'il n'existe pas d'établissement spécialisé susceptible de l'accueillir. C'est le parcours du combattant qu'il lui faudra faire pour trouver une institution adaptée à sa fille que raconte ce livre.
    C'est aussi, en arrière fond, l'histoire d'un quartier populaire de Londres, de la solidarité agissante entre femmes et voisines, de la gentrification qui est à l'oeuvre et transforme le quartier et ses habitants.

    Roman social et féministe, roman sur la psychiatrie clinique et les manquements du système médical aux devoirs de soins. Passionnant à lire, je conseille ce livre à tous (et plus particulièrement aux lecteurs de Doris Lessing et Pearl Buck).


  • par (Libraire)
    10 mars 2014

    A la fin des années 1960 à Londres, Jess, une jeune anthropologue, accouche d'une petite fille. Alors qu'elle grandit, son entourage prend peu à peu conscience de son retard mental. Bien qu'Anna soit une enfant heureuse et pleine de vie, sa différence pose de nombreuses questions. Que peut lui réserver l'avenir? Comment se passera sa relation aux autres? A travers le regard d'une amie, nous allons suivre une partie de la vie d'Anna et de sa mère, au sein d'une petite communauté d'artistes et d'intellectuels.
    Dans un style simple et épuré, Margaret Drabble nous plonge au cœur de la vie d'une femme et des ses combats.
    Un très beau roman.


  • 27 février 2014

    Londres dans les années 1970. Jess une étudiante en anthropologie âgée de vingt ans devient maman célibataire d’une petite fille Anna. Ses amies (dont une est la narratrice) nous explique que Jess lui a confié que le père était un de ses professeurs, beaucoup plus âgé qu’elle et marié. Jess vit pour sa fille Anna qui se révèle très vite différente des autres. Calme, très sage, elle est d’une gentillesse extrême mais elle a une lenteur, un retard mental.
    Toujours par le récit de son amie qui habite le même quartier que Jess et qui elle a une vie « normale » (un mari, deux enfant en bonne santé), on suit le parcours de Jess, d’Anna mais aussi les changements de mœurs, culturels et sociaux.

    Si durant les premières années de vie d’Anna, Jess ne s’autorise que des sorties avec ses amies, elle rencontrera plus tard un homme Bob avec qui elle se se mariera. Ses amies ne l’apprécient guère même s'il ne considère pas Anna comme un fardeau. Anna qui ne peut plus plus être scolarisée dans une école traditionnelle doit être admise à dix ans dans un centre avec d’autres élèves souffrant tous d’handicaps intellectuels. Il s’agit d’une époque où les connaissances sur l’autisme, les maladies neurologique et psychiatriques sont peu étendues. Jess passe beaucoup de temps à chercher des informations, à se renseigner, à rencontrer d’autres parents. Sa relation avec Anna est fusionnelle et son mariage ne durera pas longtemps. Ses amies sont toujours prêtes à l’aider mais la vie poursuit son cours. Les enfants grandissent, certains des couple se séparent, des amies s’investissent davantage dans leur travail. Jess devenue anthropologue écrit de nombreux articles, toujours passionnée pour l’Afrique où elle s’était rendue en étant encore étudiante. Quelques amants dont Anna ne saura rien, les amis et toujours son amour infaillible pour sa fille. Alors que le monde change, que le statut des femmes évolue, Anna est toujours plongée dans son innocence éternelle.
    Ce roman dense, creusé et captivant nous fait voyager des années 70 à nos jours. Avec ce regard porté sur la différence, les relations mère-fille, l’amour , l’amitié, la société. Il y a de nombreuses références littéraires, à David Livingstone cet explorateur missionnaire et aux tribus primitives.
    Il s’agit d’un roman rare, d’une qualité qui m’a époustouflée (chapeau bas pour la traduction) mais qui n’est jamais indigeste ! Margaret Drabble nous interroge avec intelligence sur la vie, sur nos décisions, sur nos pensées mais sans jamais se faire moralisatrice. Un livre devenu hérisson.