Mille et un morceaux

Mille et un morceaux

Jean-Michel Ribes

L'Iconoclaste

  • 25 octobre 2015

    Cocasse, vous avez dit cocasse ?

    Jean-Michel Ribes qui occupe une place aussi importante que singulière dans le théâtre français, ne s’était jamais mis dans la lumière.
    Avec ces « mille et un morceaux », l’auteur de l’inoubliable « Odyssée pour une tasse de thé », l’inventeur du cultissime « Palace » et le directeur du théâtre du Rond Point raconte sa vie en une multitude de textes, courts, vifs, superbement écrits d’une plume alerte et précise.
    C’est émouvant lorsqu’il parle de sa femme, de sa fille, de ses amis –Jacques Villeret, Philippe Khorsand, Reiser notamment–, captivant et le plus souvent cocasse quand il raconte le théâtre et le reste. Si Ribes jouait à pile ou face on peut être certain que la pièce retomberait sur la tranche. Jugez plutôt.

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  • 27 septembre 2015

    Coup de coeur humour

    De Ribes, on connaît le théâtre (ses textes et le Rond Point), l'homme public, l'humour, quelques unes de ses amitiés les plus célèbres (Topor, Gourio). Mais il reste de vrais bons morceaux à découvrir, et c'est sous cette forme qu'il a choisi de se livrer, à l'approche de ses 70 ans. Comment sa pièce "L'Odyssée pour une tasse de thé" a été montée au Théâtre de la Ville à cause d'un chat (presque) assassin, comment le périple jusqu'en Turquie avec deux compères leur à fait frôler la mort, le viol, l'exil et la luxure, comment il a dû affronter le regard de tout son voisinage en passant 4 heures assis sur un toit, nu comme un ver... Ces épisodes burlesques et dignes de figurer dans les meilleurs scénarios sont rejoints par d'autres plus tendres, comme l'hommage à sa costumière Juliette Chanaud, ou franchement plus graves - à cet âge, nombreux sont les compagnons de route qui nous ont quittés sur le chemin. Mais la mémoire est toujours vive, elle, et c'est avec une vraie générosité que Jean-Michel Ribes la partage dans ces pages.


  • par
    23 septembre 2015

    Ce qui est très fort avec ce livre, c'est que je l'ai pris par curiosité sur la liste de la Librairie Dialogues, dans le cadre de Dialogues croisés et qu'à peine commencé, j'ai eu du mal à le quitter. J'aime bien Jean-Michel Ribes, ce que je connais de lui, son humour et une partie des acteurs qu'il a fait jouer, Philippe Khorsand et Roland Blanche en tête ; mais il a tourné avec tellement de gens différents que la liste serait trop longue à citer ici. Donc je l'aime bien mais je ne l'avais jamais lu, et là je dois dire que sans être surpris je tombe sur des textes de différentes longueurs très bien tournés. Il a l'art de raconter ses histoires, de nous y intéresser même si nos mondes sont totalement différents : l'histoire de l'huissier qui déboule chez Topor lui réclamer une somme colossale et qui demande à assister aux séances d'écriture entre Topor et Ribes est à tomber (p.27), celle du déjeuner avec Raymond Queneau et son épouse (p.78/80) est un pur bijou de drôlerie et d'inconvenance... Il y en a plein d'autres, des drôles, des légères, des tendres, des tristes, des vachardes (notamment pour le ministre de la culture F. Mitterrand, couard devant les manifestations des catholiques ultra conservateurs de Civitas contre la pièce Golgota Picnic qui se jouait au théâtre du Rond-Point).

    Certaines histoires prennent le temps de s'installer, d'autres sont courtes. Les paragraphes sur les acteurs ou les personnes que l'auteur aime sont souvent courts, directs et sans emphase.

    Il use aussi de l'aphorisme : "La pensée vient en pensant, le calcul en calculant, la vie en vivant, l'amour... pas toujours." (p.57) ou de toutes petites scènes :

    "Dieu n'a pas d'existence, c'est l'existence." Phrase de Beatrix Beck entendue à dix-huit heures à la radio dans ma voiture le 19 avril 1993 place de l'opéra. Elle me transperce. Je reste pensif. Je brûle un feu rouge. Trois cent cinquante francs d'amende. Trop cher, je continue d'être athée." (p.211)

    Au fil des pages que l'on lit sans se rendre compte que le livre est épais, on arrive très aisément à la fin, on croise des auteurs, des acteurs, des cinéastes, des metteurs en scène, des peintres, Gérard Garouste ami d'enfance -qui écrit aussi et que je veux absolument lire on m'en a dit tellement de bien- de JM Ribes ou Jean Cortot -que je ne connaissais pas, beau-père de l'auteur, dont l'œuvre, enfin ce que j'en ai vu en allant fureter sur Internet me plaît beaucoup, le genre de tableaux dont on ne peut se lasser de regarder, des hommes et des femmes moins connus aux postes pourtant indispensables pour faire tourner un théâtre.

    Un bel hommage à toutes les rencontres qui ont nourri Jean-Michel, les bonnes comme les moins bonnes. Se dégage de ce livre une forme de sagesse qui pourrait se résumer par : "profite de tous les instants !"