Hiver rouge

Hiver rouge

Dan Smith

10-18

  • par (Libraire)
    16 septembre 2017

    Intense et Glaçant

    Une histoire en Rouge et Noir. Rouge, pour le sang versé et noir, pour le contenu de ce thriller aussi fascinant qu’une fable, d’un réalisme barbare.
    Sylvie Jeanne, lectrice.
    « Kochtcheï l’Immortel » est le personnage horrifique d’un conte pour enfants dans la Russie des années 1920. Un conte terrifiant que Nikolaï Levitski, déserteur de l’Armée rouge, voit se matérialiser au fil de sa quête pour retrouver sa famille qui semble s’être volatilisée.
    « J’avais imaginé que le pitch serait allumé : ce poêle en argile était le cœur de notre foyer, le four dans lequel nous cuisinions et notre source de chaleur en hiver…. Mais je ne découvris rien de tout cela. Pas de chaleur. Pas de vie. Rien. »
    Après avoir enterré Alek, son frère déserteur comme lui, dans le cimetière de leur village, Nikolaï se retrouve aux côtés de deux femmes combattantes et mystérieuses, Tania et Ludmila, en qui il semble pouvoir se fier.
    « Il aime noyer les femmes, reprit Tania à mi-voix. Kochtcheï. Je suis désolée. »

    Mais fuir son passé de gradé de l’Armée rouge, de tortionnaire et de combattant au nom d’un idéal, n’est pas chose aisée et Nikolaï ne peut faire confiance à personne dans sa course infernale à travers une Russie dévastée par des hommes sans foi ni loi.

    Les paysans ont trop peur pour donner des informations sur l’enlèvement de sa femme, Marianna et ses deux fils, Pavel et Micha et l’assassinat de tous les hommes de son village. La vie est la seule chose qui leur reste et la loyauté est un mot oublié. Ils ne peuvent rien partager, ils n’ont plus rien.

    Le froid est terrible, la faim omniprésente et l’on trouve la terreur tapie derrière un arbre à chaque clairière traversée.

    Pourtant, un homme, Lev, et sa fille, Anna, vont aider Nikolaï, un soir plus dur que les autres. « Je suis sur la route depuis longtemps. J’ai faim. Froid. Je vous en prie. »

    Lev s’invente maréchal-ferrant pour ferrer la jument de Nikolaï, Kashtan, son amie fidèle, qui le portera sans faillir jusqu’à la fin et Anna s’avère une petite fille intelligente et courageuse. Elle amène un brin de chaleur et d’innocence dans cette sombre histoire et le regard de Tuzik, le chien, toujours sur le qui-vive, une sorte de tranquillité.

    Un livre fascinant parsemé d’ilots de massacres ignobles, de froid cinglant et de peur irrépressible, mais aussi habité par l’amitié et l’amour.