La guerre des mères, parcours sensibles de mères célibataires
EAN13
9782213630991
ISBN
978-2-213-63099-1
Éditeur
Fayard
Date de publication
Collection
DOCUMENTS
Nombre de pages
300
Dimensions
21 x 13 x 0 cm
Poids
196 g
Langue
français
Code dewey
306.874
Fiches UNIMARC
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La guerre des mères

parcours sensibles de mères célibataires

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Fayard

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L'INFINITIF PRÉSENTBientôt deux millions
de mamans célibataires « Je suis une maman solo très bien dans ce statut, en fait.Mes parents ? Un mariage sans histoires, c'est bien le cas de le dire.Et moi, seule avec mon enfant, comme pas mal de copines, mais c'est un peu un signe des temps, non ? »Clotilde, 37 ans, mère d'un enfant de 7 ans.PETITE VARIATION TERMINOLOGIQUE
EN GUISE DE PROLOGUE...Voici peut-être revenu le temps des Amazones. En tout cas, certaines représentantes d'une nouvelle génération de femmes endossent l'habit de ces héroïnes antiques : indépendantes et émancipées, s'arrogeant une part du pouvoir des hommes. Mais à quel prix ? Depuis le milieu des années 1990, il a été entrepris de « féminiser » les noms de fonctions, les grades et titres qui, exclusivement masculins jusque-là, contenaient de fait le féminin en leur sein, si l'on peut dire. La chose a irrité l'Académie, qui a trouvé étonnantes ces libertés prises avec des règles fort anciennes. Car le masculin, semble-t-il, sous-entendait la forme neutre ou féminine. Les tenants de l'ancienne manière furent taxés de conservatisme, et même traités de « phallocrates réactionnaires », mais ne purent empêcher que des e s'ajoutent à la fin de certains mots. Et « docteure », « auteure », « professeure », « procureure » et « écrivaine » de fleurir comme jonquilles en mai dans les pages des médias, acquis pour la plupart d'entre eux à cette « révolution sémantique ». D'un élitisme l'autre, on conviendra que ces titres ne concernent pas tout le monde, ni même n'importe qui.Par extension, c'est presque toute la langue qu'il faudrait polir et policer, afin d'euphémiser les violences verbales faites aux femmes, et qui trouvent leur origine dans les préjugés. Car il ne fait décidément pas bon décliner au féminin « homme public », « entraîneur », « coureur », « gagneur », « professionnel », ou tout simplement « garçon »... Pour autant, il est impossible de nier que cette évolution de la langue reflète celle de la femme dans son statut social.Si l'égalité entre les hommes et les femmes est loin d'être complète, que ces dernières s'émancipent ne fait aucun doute. Or ce processus va de pair avec d'autres évolutions, notamment celle de la famille. Ce thème des métamorphoses familiales est à la mode. Et si les médias y mettent du leur, on conviendra que les événements les y aident. Ainsi, depuis mai 2007, le nouveau président de la République Nicolas Sarkozy a-t-il offert une illustration éloquente des thèmes porteurs (et vendeurs) de la crise du couple et des recompositions familiales. Avant l'élection, une valse-hésitation entre son épouse Cécilia et lui-même, entre escapades américaines pour l'une et confession télévisuelle de ses problèmes conjugaux, « comme des millions de Français », pour l'autre. La future-ex-première dame de France un moment reconquise, le pays se vit offrir au soir du 6 mai l'image triomphante d'une superbe famille recomposée sur le perron de l'Élysée, tout en sourires et blondeur. Mais l'image d'Épinal d'un bonheur familial conquis de haute lutte ne dura guère. Lui succéda dès l'été la mise en scène de tensions de plus en plus fortes, qui aboutirent à un automnal divorce express, sans tambour ni trompette. Pour la première fois, la France était gouvernée par un président seul, et par ailleurs antérieurement divorcé. Mais Nicolas Sarkozy s'est trouvé tout aussi vite remarié qu'il s'était séparé. Décidément, la petite musique élyséenne, fugue en seul majeur, se termine au tempo allegromolto. Alors que Cécilia, comme pour ne pas être en reste, a « re-convolé » elle aussi presque aussi promptement. Dans l'autre camp, le couple Royal-Hollande, si fier de son modèle familial ouvert et égalitaire, de ses quatre enfants hors mariage et de la réussite de madame, n'a pas résisté non plus. On pourrait lire ces destins croisés en méditant sur le fait que les attraits du pouvoir sont au moins aussi forts que ceux de l'amour. C'est ce que racontait, entre autres titres, l'impudique Sexus politicus, l'un des succès éditoriaux de 2006. Mais ce qui nous intéresse dans ces pages, c'est davantage de constater les métamorphoses que vivent les familles en ce début de millénaire : rien ne semble jamais acquis, tout est à reconstruire et à consolider sans cesse. Même les couples les plus établis et les plus institués peuvent se briser après des décennies, entraînant leurs protagonistes vers la « bigamie officieuse[1] » ou la solitude avec enfants, puis, à terme, vers la recomposition familiale. Trajectoire désormais prévisible et presque obligée, qui voit de plus en plus de conjoints s'aimer en CDD, là où, il y a peu de temps encore, le « fatalisme conjugal » condamnait à aimer en CDI, « pour le meilleur et pour le pire ». La durée de vie s'est considérablement allongée, la femme a conquis farouchement une certaine indépendance, et les représentations de la famille traditionnelle ont tellement évolué que séparation, divorce, célibat temporaire, amitiés amoureuses, « papillonnage » et recompositions font désormais partie du paysage amoureux. « La famille s'emmêle[2] », comme le suggère Serge Héfez. Ce « jeu des sept familles », qui voit les rôles sans cesse redistribués, présenterait pour principal avantage que chacun(e) pourrait y prendre la main à tour de rôle. Chacun(e), vraiment ? La famille s'éclate, pourrait-on s'exclamer devant ce vaudeville sociologique, voyant les uns et les[1]. C'est ainsi que Ségolène Royal qualifiait la « double vie sentimentale » de son ex-compagnon François Hollande, dans une émission très grand public (Vivement Dimanche, animé par Michel Drucker), le 27 janvier 2008.[2]. Quand la famille s'emmêle, Paris, Hachette, Littératures, 2007.
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