Alex-Mot-à-Mots

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Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

Le chef-d'oeuvre, roman

roman

Actes Sud

6 juin 2019

famille, peintre

Le peintre Johan Steenkamer prépare une grande exposition qui devrait lui apporter la consécration. Pour fêter l’événement, sa mère se propose d’organiser à l’issue du vernissage un grand dîner familial.

Mais Johan annonce à tout le monde qu’il a invité son père, qui a abandonné sa famille. Ce qui fait ressurgir les douleurs familiales.

La seconde partie du roman nous raconte la vie de famille de Johan, son mariage, ses trois enfants, et le décès de sa petite fille, du point de vue de sa femme.

J’ai aimé cette partie : la douleur d’une mère qui perd son enfant et perd pieds quelques temps. Son mari qui ne lui est d’aucun secours et qui ne comprend pas cette douleur.

Johan apparait comme un peintre dont seul compte son œuvre. Aucune critique n’est admise.

Un roman qui tourne autour de la figure du père disparu, celui dont les deux fils, et la femme cherche encore l’approbation, le regard.

Un roman un peu bavard (quelle importance de voir telle personnage faire des confitures), mais qui parle admirablement de la figure du père absent.

L’image que je retiendrai :

Celle du tableau sensé être le Chef-d’oeuvre de Johan.

https://alexmotamots.fr/le-chef-doeuvre-anna-enquist/

Ma dévotion
20,00
6 juin 2019

couple

Helen, fille de l’ambassadeur de Grande Bretagne à Rome, tombe passionnément amoureuse de Franck, le fils du premier secrétaire.

Helen offre à Franck l’occasion de fuir leur famille respective, et c’est à Amsterdam que les adolescents s’installent, dans la maison de la mère d’Helen.

Si Helen est passionnée de littérature et en fait petit à petit son métier, Franck cherche sa voix. Ce sera la peinture.

Helen est toujours là pour organiser la maison, recevoir les amis, fermer les yeux sur les amantes de Franck.

Comme l’annonce le titre, c’est le récit d’une dévotion racontée par la voix d’Helen.

Pourtant, je suis restée en dehors de son histoire : seule me tenait en haleine les frasques de Franck.

Encore une fois, il est question, dans un roman de cette auteure d’une enfance dans une famille sans amour ; du génie (ici la peinture, dans son premier roman la littérature).

Encore une fois, l’auteure nous dévoile jusqu’où son personnage est prête à aller par amour.

L’image que je retiendrai :

Celle des toiles de Franck, monumentales et géniales.

https://alexmotamots.fr/ma-devotion-julia-kerninon/

MAIMAI
15,00
6 juin 2019

amour, Japon

Dernier opus de sa pentalogie "L’ombre du chardon", nous retrouvons Tarô devenu artiste peintre, au moment de la mort de sa mère.

Il emménage donc avec sa grand mère dans la maison et la librairie de Mitsuko qu’il transforme en galerie d’art qui accueillera ses œuvres.

Surgie alors Hanako qu’il n’a pas revue depuis son enfance et dont il tombe amoureux, malheureusement.

J’ai retrouvé avec plaisir la plume si dépouillée de l’auteure, ses personnages qui en disent juste assez pour ne jamais se dévoiler.

Un roman un peu plus bavard que les précédents, l’auteure m’avait habituée à aller plus rapidement dans son propos. Et une fin ouverte.

L’image que je retiendrai :

Celle de la robe verte de Hanako quand elle défient voir Tarô.

https://alexmotamots.fr/maimai-aki-shimazaki/

Pression fatale

Falk, Rita

Mirobole

19,50
29 mai 2019

Allemagne, policier

Où l’on retrouve la Mémé, le Papa et même la Suzi pour cette troisième enquête du commissaire Eberhofer.

Un dangereux malfaiteur s’est échappé de prison et poursuit le juge Moratschek jusque chez lui.

Franz est chargé de veiller sur lui, et le conduit donc chez lui, avec son répertoire des Rolling Stones. Le Papa décide de troquer ses Beattles contre l’autre groupe, et les deux hommes passent leurs soirées la musique à fond.

Dans le même temps, le maire du village charge le commissaire de retrouver et ramener la Suzi, car sans elle, la mairie part à vau-l’eau.

Direction l’Italie dans le vieux combi VW avec toute la famille, car le Léopold a pris ses quartiers d’été avec femme et enfant dans la ferme familiale.

Encore une lecture bourrée d’humour, avec les petits plats de la Mémé qui vous ferait prendre 20 kilos rien qu’en lisant son menu.

Mais, à l’instar du commissaire, j’ai trouvé bizarre cette amitié entre le Papa et le juge. Cela cacherait-il quelque chose ?

J’attends la suite avec impatience, car le dernier rebondissement est de taille.

L’image que je retiendrai :

Celle du thé à la menthe que boit Eberhofer en début de roman dans une famille turque.

https://alexmotamots.fr/pression-fatale-rita-falk/

Buvard
7,80
29 mai 2019

Amour

Lou a eu une enfance difficile. Grâce à Piet, son amant, il découvre la littérature et Caroline N. Spacek.

Dans le cadre de son travail universitaire, il se rend chez elle au fin fond de l’Angleterre pour l’interviewer. Il y restera 2 mois.

Caroline se confie sur son enfance dans une caravane avec des parents moqueurs. Avec les enfants des voisins, ils forment une bande pour se protéger.

Puis Caroline grandit et à 18 ans, alors qu’elle travaille dans un bar, un poète lui propose de devenir sa secrétaire. Elle accepte et ils se retrouvent à Paris. Caroline découvre la littérature et apprend vite. Bientôt, ses écrits dépasseront ceux de Jude.

Malgré ses deux mariages et ses deux divorces, Caroline, au caractère excentrique, cherche Jude, inlassablement.

J’ai aimé la vie de cette femme qui s’est construite toute seule, son amour inconditionnel et jusqu’au-boutiste pour Jude.

Son enfance, et celle de Lou, m’ont bouleversées.

L’image que je retiendrai :

Celle des kiwis dans les poches des enfants : leurs parents leur fond croire que c’est un animal, et qu’ils doivent garder précieusement le kiwi dans leur poche avant que l’oisillon brise sa coquille. Bien sûr, le fruit fini toujours par pourrir.

Quelques citations :

Je n’avais pas d’endroit où rester. Quand tu sais que quoi que tu fasses, tu seras une cible, tu préfères être une cible mouvante. (p.117)

Le mal infini que je m’étais donné pour arriver à différencier la violence de l’amour. (p.128)

Il n’y a pas de douleur insupportable, simplement des moyens de plus en plus terribles et épuisants d’y faire face. (p.189)

J’exige le droit de faire les choses selon ma volonté exclusive. Et il se trouve que je préfère quand les choses sont dépareillées, parce que c’est ce que je suis moi aussi, dépareillée. (p.198)

https://alexmotamots.fr/buvard-julia-kerninon/